Les Banques Canadienne-Française

Par Yves Pepin

Présentation

Ce livre fut écrit par Ronald Rudin, historien et enseignant au département d’histoire de l’Université Concordia. Cet ouvrage est intitulé Banking en français : Les banques canadiennes-françaises, 1835-1925 et a été publié pour la première fois en anglais en 1985 par University of Toronto Press. Pour la version française, ce livre fut publié en 1988 par les Éditions du Boréal.

Analyse

L’objectif de cet ouvrage est de décrire l’évolution des banques canadiennes-française au Québec à partir de la fondation de la première en 1835 jusqu’à la fusion de deux d’entre elles en 1925.

Le genre historiographique est l’histoire économique. Le genre de données que l’auteur utilise sont les nom des institutions et des données statistiques. L’auteur explique l’évolution des banques canadiennes-françaises.

L’auteur a presque exclusivement utilisé des sources primaires comme des articles de journaux, des collections des Archives nationales du Canada, des dossiers du ministères des Finances et des manuscrits de l’époque. Il utilise ses sources surtout pour expliquer ce qu’il veut dire.

Ce livre suit un plan chronologique se divisant en sept parties. La première est un genre d’introduction, la seconde est la fondation des banques canadiennes-françaises et la troisième est la période de difficulté des ces banques. Ensuite, il y a la fermetures des banques des petites villes. La cinquième partie est la petite période de prospérité du début du XXe siècle et ensuite, la fusion entre la Banque Nationale et la Banque d’Hochelaga. Pour terminer, la dernière partie est la conclusion.

 

Synthèse

Dans la province de Québec au XIXe siècle, beaucoup de petites villes n’avaient pas de banques. Les succursales québécoises des banques canadiennes-anglaises ne représentaient qu’un petit pourcentage et étaient fortement concentrées à Montréal. Selon elles, la plupart des villes québécoises ne correspondaient pas à leur critères de rentabilités. Cependant, des villes en développement étaient mises de côté. Ceci laissa donc un marché pour les banques canadiennes-françaises. Les institutions canadiennes-anglaises s’occupèrent donc de la clientèle anglophone et les institutions canadiennes-françaises des francophones. Cependant, ce n’était pas encore toutes les villes qui étaient desservies. C’est là qu’arrivèrent les caisses populaires de Desjardins. En guise de réponse, les banques instaurèrent des sous-agences.

La première banque à être fondée par des Canadiens-français fut la Banque du Peuple en 1835. Cependant, les actionnaires anglophones étaient un peu supérieurs en nombre. Elle obtint en 1844 sa charte et fut autorisée à émettre des billets. Ce fut durant les années 1880 qu’elle établit sa première succursale. Dès cette période, plusieurs autres banques ouvrirent leurs portes : la Banque des Marchands (1846), la Banque Nationale (1860), la Banque Jacques-Cartier (1862), la Banque Ville-Marie (1872) et la Banque Hochelaga (1874). La Banque de St-Jean (1873) et la Banque de St-Hyacinthe furent les deux premières hors des villes de Montréal et de Québec. Des tentatives furent faites à Trois-Rivières mais se soldèrent par un échec. Ces banques totalisèrent en 1875, 18 millions de dollars en actif.

De 1875 à 1900, le nombre de banque à charte passa au Canada de 51 à 35. La Banque du Peuple et la Banque Ville-Marie furent touchées par cela. À la suite de la crise des années 1870 et de problèmes d’administrations, la Banque du Peuple organisa quelques changements administratifs. La banque ferma ses portes en 1895. Elle dépendait trop des dépôts et trop de gens retirèrent leur argent en même temps. Les déposants ne récupérèrent que 75% de leurs dépôts. Pour ce qui est de la Banque Ville-Marie, c’est sensiblement le même cas. De plus, la banque accorda durant la fin des années 1890 des prêts voués à l’échec et à des entreprises inexistantes. Elle ferma ses portes pour la même raison que la Banque du Peuple en 1899. Elle a failli entraîner dans sa chute la Banque Jacques-Cartier qui pourtant allait bien. Elle changea de nom par la suite pour la Banque Provinciale. Pour ce qui est des autres banques, malgré la tourmente des années 1870, elles réussirent quand même à s’en tirer à bon compte. On peut aussi dire qu’à cette époque, le taux d’actionnaires canadiens-français prenait une part de plus en plus importante dans ces banques.

Il y avait deux banques de petites villes canadienne-française au Québec : la Banque de St-Jean et la Banque de St-Hyacinthe. Elles furent vulnérable à la mauvaise gestion, aux récessions, aux projets qu’avaient les grosses banques et étaient limitées par la langue. Pour le cas de la Banque de St-jean, elle dut fermer car elle n’était pas dans une ville prospère. De plus, elle émettait des billets illégalement. Ses administrateurs s’appropriaient les fonds de la banques. Elle ferma en 1908 sans flots de gens contrairement aux autres. Les déposants perdirent presque tout. La chute de cette dernière amena dans son sillage la Banque de St-Hyacinthe. Depuis le milieu des années 1890, la ville connaissait des difficultés économiques. En 1908, il y eut une ruée aux guichets et la banque dut fermer ses portes. Pour ce qui est de la Banque des Cantons de l’Est qui était anglophone, cette dernière disparut en 1912. Elle fut achetée par la Banque de Commerce.

De 1900 à 1921, trois banques canadiennes-françaises se partagèrent le marché francophone. Ce fut une période de prospérité. Ces trois banques utilisèrent leurs fonds de façon différentes. La Banque Provinciale augmenta son actif de 1400% durant cette période. Cette banque commença le siècle sur un mauvais pied. Elle assura à ses déposants que leurs fonds était en sécurité grâce à des placements sûrs : actions et obligations. Elle fut la première à mettre en place une assurance-dépôts de 1000$. Ils ouvrirent plusieurs succursales, même dans le reste du Canada. Au début du XXe siècle, la Banque d’Hochelaga était la banque canadienne-française qui avait le plus la faveur des anglophones. Elle soutint souvent des entreprises anglophones. De plus, 70% des 202 succursales étaient hors de la province. Pour ce qui est de la Banque Nationale, celle-ci continua les mêmes opérations qu’au XIXe siècle. Elle fut la dernière à avoir son siège social à Québec. Elle s’occupa essentiellement de cette région et avait les Caisses Populaires comme principales rivales.

De 1918 à 1925, une vague de fusion toucha le système bancaire canadien. Dès 1883, des négociations commencèrent pour des fusions canadiennes-françaises. Le projet tomba à l’eau. Dans les années 1920, le projet revint sur la table. À cette époque, l’économie n’était pas bonne pour les banques canadienne-française. Le nombre des dépôts baissait. Il commença alors a y avoir une perspective de fusion entre les trois banques. La Banque Provinciale refusa de participer au projet. En 1922, la Banque Nationale reçut un million de dollars comme aide financière. Cependant, elle avait encore des difficultés. Des négociations commencèrent en 1923 avec Taschereau et les dirigeants des trois banques. Encore une fois, la Banque Provinciale refusa le projet de fusion. Le gouvernement provincial fit tout en son pouvoir pour aider les épargnants. En 1925, la Banque Nationale et la Banque d’Hochelaga fusionnèrent pour devenir la Banque Canadienne Nationale et décidèrent d’agrandir leur champs d’action au reste du Canada.

Bilan

Ce livre traite de l’évolution des banques canadiennes-françaises au Québec entre 1835 à 1925. Dans leur évolution, on peut y voir leur apparition, les difficultés qu’elles ont eu à subir et la fin de certaines d’entre elles.

 

BIBLIOGRAPHIE

RUDIN, Ronald. Banking en français :Les banques canadiennes-françaises, 1835-1925.

Montréal, Boréal, 1988, 244p.