Moyen Âge

Les usuriers au Moyen Âge

Par Yves Pepin

Présentation

Ce texte a été écrit par Jacques Le Goff, un historien médiéviste de la France. Ce texte est intitulé La bourse et la vie: économie et religion au Moyen Âge et a été tiré du livre Un autre Moyen Âge, publié par Quarto Gallimard à Paris en 1999 de la page 1265 à la page 1325.

Analyse

L’objectif de ce texte est de montrer comment la religion catholique a ralenti l’évolution du capitalisme en Europe en condamnant à l’enfer le péché de l’usure durant le haut Moyen Âge jusqu’au Moyen Âge classique.

Le genre historiographique est l’histoire socio-économique et religieuse. Le genre de données qu’utilise l’auteur sont surtout des faits et des anecdotes. Il explique en grande partie la vision de l’Église face aux usuriers et à l’usure.

L’auteur utilise en grande partie des études pour fonder une ligne directrice à son texte. Il peut donc avoir des idées principales qui sont basées sur les recherches de ses prédécesseurs Il se sert aussi des sources pour donner des exemples à ce qu’il affirme par ses idées principales. C’est le cas des exemplas qui servent en grande partie à expliquer ses grandes idées.

Le texte suit un plan thématique se divisant en six parties. La première est une introduction. La seconde traite du fait que l’usure est condamnée depuis longtemps. Par après, il explique en quoi c’est un péché. En quatrième lieu, il écrit le sort réservé à la mort de l’usurier. Ensuite, il affirme que l’Église crée une porte de secours pour les usuriers qui est le purgatoire. Pour terminer, la dernière partie parle du rôle des femmes dans le salut des usuriers et fait une petite conclusion.

Synthèse

Durant le Moyen Âge en Europe, l’arrivée du capitalisme amène un nouveau type de péché, c’est ce qu’on appelle l’usure. Elle menaçait les vieilles valeur chrétiennes. Il y avait deux types de péchés : le péché véniel qui menait au purgatoire et le péché mortel qui menait en enfer. La question était de savoir où irait le péché de l’usure. On essaya de ramener les pécheurs dans le bon chemin à l’aide des exemplas.

Cependant, l’usure avait plusieurs visages. Il était donc difficile de faire une frontière entre ce qui était permis et interdit dans ce qui comportait un intérêt. Une chose est certaine, l’usure c’était l’ensemble des pratiques financières interdites à cette époque. Ce fut le statut de l’argent qui fut à la base de la condamnation ecclésiastique de l’usure. Un échange, c’est le va et vient d’objets de valeurs identiques. L’usure c’est quand il n’y a pas transformation matérielle de biens concret. Au Moyen Âge, la Bible était le mode d’emploi en cas de question. Ce fut sa contradiction qui empêcha la stagnation de la société. Cependant, en matière d’usure, il y avait peu de contradiction pour sa condamnation. Elle était interdite par l’Ancien et le Nouveau Testament. Elle était seulement permise envers les étrangers, c’est à dire les ennemis. C’était donc le refus du paradis qui attendait l’usurier s’il ne prêtait pas sans rien attendre. L’interdiction fut mise en œuvre par les premiers conciles. Charlemagne l’interdit à son tour aux clercs et aux laïcs. C’était donc un lourd passé de condamnation qui pesait sur l’usure. Ce problème fut secondaire jusqu’au XIIe siècle où l’économie monétaire se généralisa. L’usure était considérée comme du vol et de l’oisiveté. Le clergé avait peur que les paysans quittent la campagne pour devenir usurier et que cela crée des famines. L’usure était donc un péché contre la justice et le juste prix. La justice était à cette époque une vertu très importante.

L’usurier était donc considéré comme un criminel et il était souvent utilisé dans les exemplas. Il faisait souvent partis de textes et de sermons. On le considérait comme un obèse engraissé par ses usures. L’usurier fut longtemps associé à l’image d’un Juif car ces derniers avaient plusieurs secteurs de la société qui leurs étaient interdits. Ils allaient donc vers des professions plus libérales. Vers le XIIe siècle, la condition des Juifs empira. La chrétienté éprouve une haine envers les Juifs et l’usure. Les usuriers chrétiens étaient jugés par des tribunaux ecclésiastiques qui étaient plus cléments que les tribunaux laïcs qui jugeaient les Juifs. L’usure permettait de monter socialement plus rapidement. Les usuriers furent considérés comme des voleurs de propriété et de temps. Ils furent les précurseurs du système capitaliste. Cependant, ils étaient vus comme des oisifs et le travail était un objet de salut. La seule chance de salut était donc la restitution.

Durant la haut Moyen Âge, plusieurs métiers furent condamnés comme étant entraînants au péché. Le métier d’usurier en faisait partie. Vers la XIIIe siècle, plusieurs excuses vinrent réhabiliter certains métiers mais l’usure en bénéficia peu. Ce fut donc un des rares métiers condamnés à cette époque avec les prostituées et les jongleurs. Il y avait pour eux le refus de la sépulture chrétienne et le droit de faire des aumônes. Les usuriers vivaient donc dans une schizophrénie sociale. Ils étaient courtisés et craint pour leur argent. Ils furent associés à plusieurs animaux comme le bœuf, le lion, l’araignée, le renard, le singe et le loup. Ils étaient condamnés à être châtiés par les démons. Dans le schéma de la trifonctionalité, l’usure était une quatrième fonction créée pas le démon. On devait lui éviter la confession pour qu’il ait en enfer.

Dans la société de cette époque, seuls les clercs et les moines devaient avoir un respect total des lois ecclésiastiques. L’Église cherchait simplement à faire régner l’ordre. Elle créa le purgatoire pour vider l’enfer de certains types de pécheurs. Le salut de l’usurier n’était pas seulement dû au purgatoire, il était dû à la modération et aux nouvelles valeurs économiques. Ils étaient tolérés si l’intérêt n’était pas trop élevé. L’usurier modéré avait donc une chance d’échapper à Satan. Dans le purgatoire, les peines étaient comparable à l'enfer mais la porte de sortie était la paradis. Le moyen d’y aller était la restitution mais elle était difficile à réaliser.

La femme de l’usurier pouvait donc aider au rachat de l’âme de l’homme mais certaines pouvaient décider de garder les biens. Le rachat de l’usurier se faisait surtout grâce à la confession, la contrition et la satisfaction. La contrition était de plus en plus privilégiée. Cependant, le salut était difficile à obtenir par restitution. C’était le cœur qui devait parler lors de la contrition. Le purgatoire ouvrit donc les portes du capitalisme car les usuriers avaient maintenant une chance de salut.

Bilan

Pour terminer, on peut dire que la vision de l’Église face à l’usurier à beaucoup changé avec le temps. Au début, il était condamné à l’enfer mais avec le temps, il put aller au purgatoire. Ce qui ouvrit les portes pour le capitalisme.