Le scandale de Jane Stewart

Le scandale de Jane Stewart

Par Yves Pepin

Depuis août 1999, le sort semble s'acharner contre la pauvre Jane Stewart. Toute l'opposition tente de la démolir depuis qu'elle a accédé au poste de ministre du Développement et des ressources humaines qu'occupait Pierre Pettigrew avant elle. Jane Stewart fut au prise au mois de février et avril 2000 avec le scandale des subventions qui a failli lui coûter son poste de ministre. Une question se pose : qu'est-ce que le scandale des subventions ? C'est ce à quoi il sera question dans ce résumé du dossier de presse sur cette affaire.

Pour débuter, il faut dire que toute cette affaire a débuté à la mi-janvier 2000. La ministre du Développement et des ressources humaines, Jane Stewart, rendait public un rapport de vérification interne effectué par son ministère et qui révélait de sérieux problèmes dans la gestion des fonds de différents programmes de financement. Au début, tout le monde croyait que le ministère avait perdu 1 milliard de dollars pour rien. On verra plus loin que ce n'était pas un montant aussi faramineux. Dès ce moment, toute l'opposition voulut qu'elle donne sa démission pour une telle gaffe. Cependant, le Premier ministre du Canada, Jean Chrétien, vint à sa rescousse en affirmant que ce n'était que de simples problèmes administratifs.

Cependant, l'opposition ne prit pas cela aussi à la légère que Jean Chrétien. Pour eux, il était inconcevable qu'un milliard de dollars soit perdu pour rien. Les libéraux examinèrent à fond le problème et se rendirent compte qu'il y avait que 37 prêts et subventions et qui totalisaient 30 millions de dollars qui manquaient de pièces justificatives comme des factures. On passait de 1 milliard de dollars à 30 millions en 24 heures. Sur les 459 dossiers qui avaient été vérifiés et qui totalisaient 200 millions de dollars, les deux tiers avaient reçu de l'argent sans justification. Pour sa défense, Jane Stewart affirmait qu'elle avait été avertie seulement le 17 novembre et que ces problèmes dataient en grande part de l'administration de Pierre Pettigrew.

Les membres de l'opposition passèrent outre et continuèrent à s'en prendre à la ministre Stewart. Ils se rendirent compte qu'elle avait maintenu le robinet des subventions grand ouvert le lendemain du dépôt du fameux rapport. Ceux-ci ont accusé le gouvernement libéral d'avoir utilisé les subventions comme instrument politique. Ces subventions auraient coulé à flot lors des élections. Pour répliquer, Jane Stewart rendit publique 10000 pages de documents sur 80000 projets. L'opposition vit que l'argent perdu était encore moins qu'auparavant. Ils contre-attaquèrent en disant que le gouvernement Chrétien avait subventionné 51 faillites. Cependant, ces faillites représentaient que 4 % des subventions. La ministre Stewart fut au prise avec d'autres problèmes. Des subventions accordées à une compagnie furent détournées dans le comté de Jean Chrétien et neuf dossiers du ministère de Jane Stewart étaient sous enquête de la GRC. Pour le reste, cette histoire n'alla pas plus loin.

On peut donc dire que durant cette affaire, l'opposition tenta de démettre Jane Stewart de son poste de ministre du développement et des ressources humaines. Tout cela en grande partie à cause de son prédécesseur, Pierre Pettigrew, qui accordait des subventions sans vérifier. Il y a même eu à un moment des rumeurs sur un remaniement du cabinet qui n'a jamais eu lieu. On peut dire que Jane Stewart s'en est bien tirée. Cependant, ce n'est pas terminé pour elle car elle fait face à un autre scandale qui concerne l'atteinte à la vie privée des gens. La question est de savoir si elle s'en sortira aussi bien.